Monsieur le Premier ministre,

Alors que le pays est confronté à la 5ème vague de COVID19 et que les écoles contribuent fortement à cette reprise épidémique, vous avez annoncé des mesures qui n’en sont pas vraiment, nous inquiètent et génèrent une importante désorganisation dans les écoles.

Nous estimons que le passage du niveau 2 au niveau 3 du protocole sanitaire n’aura qu’un effet limité sur la circulation du virus dans les écoles, ces mesures sont trop faibles au regard de la contamination installée avec des taux d’incidence chez les 6-10 ans jamais atteints auparavant et deux fois plus importants que l’ensemble de la population. Or, depuis le 29 novembre, lorsqu’un élève est signalé positif dans une classe, seul·es les élèves non testé·es négatifs sont isolés et la classe reste ouverte jusqu’à ce que 3 cas positifs soient découverts dans les 7 jours. Cette mesure ne prend pas en compte le temps d’incubation, la gestion efficace des tests sur 7 jours ni la gestion des cas extrascolaires. Par ailleurs, cette gestion quotidienne des cas positifs dans les écoles devient extrêmement compliquée, voire impossible, pour les équipes pédagogiques, et singulièrement en leur sein les directeurs et directrices, qui doivent réagir à tout moment quand des cas positifs leur sont signalés. Cela génère des tensions. Plus globalement, la communauté éducative se heurte à de lourdes difficultés : parents d’élèves qui ne trouvent pas de créneau pour faire un test, délais très longs des laboratoires pour faire les tests dans les écoles mais aussi incompréhension des familles, gestion pédagogique très compliquée avec des retours au compte-goutte en classe. Enfin les enseignantes et les enseignants se retrouvent dans l’impossibilité d’assurer simultanément l’enseignement en présentiel et en distanciel comme il leur est demandé.

 

Malgré le changement de niveau du protocole, nous estimons que votre gouvernement n’a toujours pas pris la complète mesure des enjeux de la prévention dans les écoles pour briser les chaînes de contamination. Par ailleurs, les équipes pédagogiques sont épuisées et votre gouvernement ne leur assure pas des conditions de travail afin qu’elles puissent assurer pleinement leur mission d'éducation. Nous vous demandons solennellement de prendre en urgence toutes les mesures nécessaires pour endiguer l'épidémie au sein des écoles, garantir la santé des élèves, des personnels et des familles, et installer des modalités de gestion de la situation qui permettent à l’école et à ses personnels de tenir. Sur un temps plus long, et afin que les mêmes causes ne produisent pas les mêmes effets d’ici quelques semaines lors d’une prochaine vague épidémique, vous devez également acter un plan d'investissement exceptionnel dans les écoles. Un tel plan, que nous demandons depuis plus d'un an, devrait améliorer l’aération mécanique des locaux scolaires et doter les écoles en personnels statutaires suffisants, enseignants et non enseignants, pour abaisser les effectifs et pourvoir aux remplacements et permette de sortir les personnels de la situation délétère de surcharge de travail induite par la pandémie.

Nous vous prions d'agréer, Monsieur le Premier ministre, l'expression de notre très haute considération.