Les nouvelles du mardi de SUD Education 79

Au sommaire cette semaine :

  • Nouveau décret AESH (ex-avs) : permettre le remplacement temporaire des profs et PE par des AVS.
  • Solidarité avec les grèves dans l’éducation au Brésil
  • Régression, ségrégation, tradition. Le programme Racine : l'école du FN
  • Et de deux ! Un deuxième suicide d'enseignant considéré comme « imputable au service. »
  • Conflit à Samsung. La police enlève le cadavre d’un syndicaliste.

 

 

  • Nouveau décret AESH (ex-avs) : permettre le remplacement temporaire des profs et PE par des AVS.

C’est si simple, mais fallait y penser, […] c’était au programme duCTM du 13 mai dernier. Peu de syndicats l’ont d’ailleurs popularisé.

Voici donc le décret proposé par le ministère pour oeuvrer à la titularisation des AVS-AED, qui de ce fait deviennent desAESH.Nouveau statut, nouveau service, mais la précarité reste (temps partiel, 650 € par mois...).
Mieux encore, cette nouvelle possibilité qu’offre le nouveau statut : cesex AVS-AED qui ont 6 ans « d’expérience » (et de non formation surtout) dans l’aide individuelle aux handicapés, pourront désormais devenir.. remplaçants ! Et hop ! Juste de quoi remplacer le PE de la classe ou se trouve l’élève qu’ils accompagnent.
Sans plus que cela. Et surtout pas avec de la formation. Encore moins avec un concours. C’est pas beau ?
Tout cela pour répondre aux demandes des recteurs qui, dit l’administration, ne trouvent pas assez de remplaçants. A lire sur le Mammouth déchainé.

 

  • Solidarité avec les grèves dans l’éducation au Brésil

La Fédération des syndicats SUD éducation, membre de l’Union syndicale Solidaires (France), salue et apporte tout son soutien aux grèves menées par les camarades brésiliens/ennes à Sao Paulo, Rio de Janeiro, Belo Horizonte et Contagem ainsi que dans les universités fédérales et les universités de l’État de Sao Paulo.

Leur lutte est légitime contre les attaques sur les salaires et les conditions de travail, contre les coupes budgétaires et la précarisation avec la casse des statuts.

Ces attaques s’inscrivent dans le cadre des directives de l’OCDE : ce sont les mêmes que nous subissons également en France et en Europe.

Vive la lutte pour l’École publique et pour les droits des enseignant-e-s au Brésil

 

  • Régression, ségrégation, tradition. Le programme Racine : l'école du FN

Après avoir retracé, dans un précédent billet, la genèse du Collectif Racine et les orientations politiques de ses animateurs, il s'agit ici [pour le site Questionsdeclasses] d'en présenter le programme en s'appuyant sur les quelques documents qui ont commencé à circuler mais aussi sur les thèses du FN en matière d'éducation.

Dans l'héritage de la droite ultra, de sa haine de l'école, des profs et de leurs syndicats...

Le programme du Collectif Racine prétend, en toute modestie, s'appuyer sur « le bon sens et le bien fondé des analyses ... du déclin que connaît depuis longtemps déjà notre système. » (Allocution d’Alain Avello apportant le parrainage du Collectif Racine au Collectif Marianne, 8 mars 2014). Dans une verve toute en nuance, dans l'un de ses communiqués en date du 10 août 2013, sont évoqués : « les ruines d'une école dévastée par les bons sentiments égalitaristes, au titre desquels toute sélection a été battue en brèche, jusqu'à provoquer l'abaissement général du niveau et le triomphe du médiocre », un simple copier-coller de la prose des années 30... (1) [...]

Malgré les nombreuses dénégations, et une démagogie sans limite, cette idée reste encore le fond de commerce du Collectif (parlant des professeurs d'IUFM, Yannick Jaffré ne peut s'empêcher de renouer avec cette verve anti-prof évoquant « le totalitarisme mou porté par des dépressifs-agressifs dont la voix doucereuse, les tenues « développement solidaire », les attitudes « psys » et les tupperware « bios » ne doivent pas faire oublier la profonde méchanceté. »). Dès que l'on gratte un peu, derrière la « main tendue » de Marine Le Pen aux enseignants, les déclarations sur la « fin de l'incompréhension mutuelle » (« longtemps, nous avons commis l'erreur de penser que vous étiez complices ou passifs face à la destruction de l'école », Marine Le Pen lors de la campagne présidentielle de 2012) le naturel revient vite à la surface... « Chacun sait que l'Éducation nationale est un bastion de gauche. Encore faut-il préciser qu'il abrite aujourd'hui principalement la gauche « morale », « bobo », repentante, francophobe, dont tous les réflexes sont dirigés contre l'esprit républicain. » (Tweet de Yannick Jaffré, 15 août 2013) Lire la suite sur Questionsdeclasses.

 

  • Et de deux ! Un deuxième suicide d'enseignant considéré comme « imputable au service. »

L'administration semble enfin reconnaître ses responsabilités... Y a du boulot ! Ce n'est que le début ! A lire dans le monde : « L'éducation nationale a reconnu que le suicide d'un enseignant d'un lycée de Marseille à son domicile la veille de la rentrée 2013-2014 était directement lié aux conditions de travail, a indiqué samedi 7 juin une source syndicale. Le recteur de l'académie d'Aix-Marseille a annoncé vendredi lors d'un comité technique académique, réunissant représentants des personnels et de l'administration, que ce suicide était « imputable au service », selon une responsable régional du SNES-FSU.

« Cela signifie la reconnaissance du fait que ce geste a un lien direct avec le travail, que seul le travail explique ce geste. C'est aussi la reconnaissance des carences de l'administration dans l'accompagnement des personnels et les moyens accordés à la médecine de prévention », a poursuivi la secrétaire du comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) académique.

Le rectorat a confirmé l'information, précisant que l'épouse du professeur avait demandé que le suicide de son mari « soit considéré par l'administration de l'éducation nationale comme un accident de service », et qu'elle a été « immédiatement informée » de cette décision. »

 

  • Conflit à Samsung. La police enlève le cadavre d’un syndicaliste

Le 17 mai, un militant syndical du groupe Samsung en Corée du Sud, YEOM Ho-seok, s’est donné la mort pour protester contre la politique antisociale inhumaine de la multinationale. Le lendemain, 300 policiers prennent d’assaut sa veillée funèbre, arrêtent 25 syndicalistes parmi les endeuillés et repartent avec la dépouille du défunt.

Vous avez bien lu : ils ont enlevé le corps de YEOM Ho-seok et pire, ils l’ont incinéré contre sa dernière volonté ! Entre temps, deux autres militants syndicaux ont été incarcérés pour avoir protesté contre le raid macabre.

Tout ceci sur fond d’un conflit à Samsung où le personnel tente de former un syndicat au sein du géant de l’électronique afin de négocier un salaire vital et une convention collective.

Les ouvriers de Samsung ont bien le droit de s’organiser pour négocier collectivement leurs intérêts. Le Syndicat Coréen des ouvriers métallurgistes a lancé une campagne d’ampleur réclamant l’intervention de la Présidente de la République pour la libération des militants, l’arrêt de la répression anti-syndicale à Samsung et la création d’une commission d’enquête pour déterminer les responsabilités de la police dans cette affaire. A lire sur Labourstart.org

 

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