École, salarié-e-s du public, salarié-e-s du privé, tou-te-s attaqué-e-s

En cette rentrée, le ministre de l’Éducation multiplie les annonces de mesures hostiles aux élèves et aux personnels. Selon la même logique, les emplois et les droits des agent-e-s du secteur public ne seront pas plus épargnés. Le projet libéral de Macron touche la société dans son ensemble. Le projet le plus emblématique de sa politique est la réforme du code du travail par ordonnances. Le gouvernement attaque sur tous les fronts. Alors qu’il annonce déjà une nouvelle réforme des retraites, la grève public/privé du 12 septembre doit être le point de départ d’un vaste mouvement d’ensemble pour mettre un coup d’arrêt à cette offensive ultra-libérale.

L’école dans la ligne de mire

En cette rentrée, le ministre de l’Éducation multiplie les annonces de mesures hostiles aux élèves et aux personnels.

Dans le 1er degré, la gestion des 12 élèves par classe est d’ores et déjà une farce : moyens en personnels insuffisants, bâtiments inadaptés, remise en cause des dispositifs Plus de Maîtres Que de Classes (qui étaient supposés compenser la disparition des RASED). Le ministre voudrait en outre imposer ses conceptions pédagogiques rétrogrades, notamment en ce qui concerne l’apprentissage de la lecture.

Le ministère imposera aux enseignant-e-s et aux élèves de CP et de 6e des évaluations nationales unanimement décriées par les communautés éducatives et scientifiques.

Dans le 2d degré, le pire des réformes de ces dernières années est conservé et l’autonomie des établissements est encore accentuée. Le ministre prétend ainsi donner le pouvoir de recrutement aux chef-fe-s d’établissement et met en chantier la remise en cause du baccalauréat et du droit aux études supérieures.

Dans l’enseignement supérieur, le ministère prépare la sélection à l’entrée de l’Université pour masquer son refus de mettre les moyens nécessaires pour une université ouverte à tou-te-s.

À tous les niveaux, cette rentrée ne pourra à nouveau être assurée qu’avec des personnels précaires, le ministère ne recrutant même pas tous les postes ouverts au concours, pourtant déjà insuffisants.

Dans sa conférence de presse de rentrée, le ministre prétend que le budget de l’Éducation nationale augmente fortement. En réalité, son ministère absorbe le champ de la Jeunesse et des Sports qui relevait auparavant d’un ministère distinct. Une augmentation en trompe-l’œil donc…

Enfin, l’école s’était vue promettre le maintien des emplois CUI-CAE par la Ministre du Travail. Il n’en est rien : les non-renouvellements sont massifs en cette rentrée. Il s’agit d’un vaste plan de licenciements. Ces personnels (AED, CUI-CAE, services civiques…) assurent pourtant des missions essentielles. SUD éducation exige le réemploi de tous les personnels en contrat CUI-CAE et la titularisation sans condition de tou-te-s les précaires.

Dès la rentrée, organisons-nous en AG, en réunion d’informations syndicales... Préparons la résistance à ce projet d’école néolibéral et réactionnaire !

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Des organisations de la société civile appellent le gouvernement à un changement radical de sa politique migratoire

Le ministre de l’Intérieur a fait connaître ses premières intentions en matière de politique migratoire, et nous déplorons qu’y manque l’engagement impératif de mettre un terme aux violences policières à l’encontre des migrants et réfugiés. De même, aucun mot n’a été prononcé pour annoncer la fin de l’intimidation à l’égard de citoyens ou associations, qui sur le terrain s’efforcent d’assurer accueil et solidarité à leur égard. Deux priorités qu’il faut d’urgence mettre en œuvre au regard des situations qui prévalent à Paris, de nouveau à Calais, à la frontière franco-italienne, mais aussi ailleurs en France.

Pourtant, la situation actuelle le démontre implacablement : la gestion répressive des migrations internationales et le non-respect du droit d’asile qui prévalent dans la plupart des pays d’Europe, et en France en particulier, sont un échec effroyable. Tout d’abord parce que les guerres, les violations des droits humains, l’aggravation des inégalités et les catastrophes climatiques jettent un nombre incompressible de personnes sur les routes de l’exil, et aucune police au monde ne pourra jamais empêcher des jeunes de chercher à se construire un avenir, ou des familles de vouloir protéger leurs enfants. Ensuite parce que « tarir les flux d’arrivées », selon les mots mêmes du ministre, relève de l’illusion et du mensonge, que nous payons au prix fort : des milliers de vies perdues chaque année en Méditerranée ou sur les autoroutes d’Europe, des centaines de millions d’euros gaspillés tous les ans, d’insupportables souffrances humaines, mais aussi des territoires sous tension, des bénévoles et des citoyens choqués et épuisés… De tels choix politiques fracturent nos territoires, dressent les hommes et femmes les uns contre les autres et nourrissent le rejet de l’autre et le repli sur soi.

Lire la suite : Appel à un changement radical de politique migratoire en France

3 mois d’été pour détruire le code du travail, et les 6 mois qui suivent pour tout le reste ?

Macron qui a récolté sur son programme 24% des voix au premier tour des élections présidentielles et doit son élection au rejet massif du Front National, entend imposer celui-ci et remettre en cause l’essentiel des droits des salarié-es en quelques mois.

Le texte d’intention a été envoyé aux organisations syndicales alors que dans le même temps les fuites se succèdent dans les médias.

Au delà des formules creuses et du dialogue social vu sous le seul angle du nombre d’heures de réunions, il s’agit d’approfondir les réformes entamées par El Khomri et avant elle Rebsamen et leurs prédécesseurs.

Le gouvernement veut aller toujours plus loin dans une politique qui a pourtant largement fait la preuve de son échec, visant uniquement à renforcer la compétitivité et les marges des entreprises au détriment des droits des salalarié-es, le tout au nom d’une hypothétique relance de la croissance qui ne répond ni à la crise sociale ni à la crise écologique.

Le SAF (Syndicat des Avocats de France) lance sur sa nouvelle chaîne YouTube "L’arme du Droit" 14 vidéos pour comprendre les enjeux des projets d’ordonnances sur le droit du travail.

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Sous couvert d’améliorer les outils de suivi des élèves des cycles 2 à 4 en les simplifiant et en les uniformisant, le ministère impose, dès cette année, la mise en place d’un Livret Scolaire Unique Numérique (LSUN) qui doit à la fois tenir lieu de Livret Personnel de Compétences (LPC), formé de près de 40 items dans 7 ou 8 domaines, et de bulletins scolaires (bi)trimestriels rendant compte de l’acquisition des compétences dans les domaines répertoriés par les programmes officiels. Le LSUN, qui prétend attester de la modernisation et de l’efficacité du système scolaire réformé, constituera surtout un nouvel instrument de flicage des élèves et une restriction notable de la liberté pédagogique de leurs professeur-e-s. Les enseignant-e-s sont ainsi dépossédé-e-s de leur métier et deviennent des exécutant-e-s chargé-e-s d'effectuer des clics.

Non au fichage des élèves !

Le LSUN s’inscrit dans la même logique de formatage, de fichage et de flicage que le LPC, la Base-Élèves (devenue ONDE), SCONET et le Répertoire National des Identifiants Élèves. Il rassemble dans une même application insuffisamment sécurisée toutes les informations détenues par l’administration (compétences, bulletins, parcours, attestations, éléments de suivi des élèves en difficulté). Il constitue un véritable casier scolaire centralisé au service du patronat – qui y trouvera (via le Compte Personnel de Formation et le Compte Personnel d'Activité créé par la loi Travail) tous les renseignements souhaités en termes d’employabilité et de traçabilité – et de l’État, car les préfectures y auront accès ainsi que les mairies, la police et la Justice, sous couvert du secret professionnel partagé, du droit de communication et de l’interconnexion de fichiers. Loin d’être utile aux élèves, à leurs parents et à leurs enseignant-e-s, le LSUN n’est un progrès que pour la police et le patronat. Le MEDEF, qui se félicite de sa mise en place, ne s’y trompe pas : les compétences retenues par l’État correspondent trop clairement aux critères d'employabilité définis par le patronat pour que leur but puisse être pédagogique.

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Lire la suite : Contre le Livret Scolaire Unique Numérique (LSUN)

Un projet d’école de droite et de droite

Un nouveau ministre à droite toute / La nomination de JM Blanquer, comme celle des autres ministres, confirme s’il en était besoin l’orientation 100% à droite du nouveau gouvernement. JM Blanquer est celui qui a fait appliquer la politique éducative de Sarkozy. Toutes les propositions du programme éducatif de Macron sont reprises de ses ouvrages.

Un projet d’école néolibéral / JM Blanquer va encore plus loin dans la volonté de renforcer les pouvoirs des chef-fe-s d’établissement et les hiérarchies, y compris dans le 1er degré. Cela va de pair avec l’autonomie des établissements, c’est-à-dire en fait celle des chef-fe-s d’établissement. Ils/elles auraient une large liberté pour affecter la dotation horaire entre les disciplines et recruter localement des enseignant-e-s. La mise en concurrence des établissements deviendrait institutionnelle. Les lycées professionnels seraient confiés aux régions et adaptés aux « besoins économiques territoriaux ».

Un projet d’école réactionnaire / Le retour aux fondamentaux (français et mathématiques) s’inscrit dans une vision réactionnaire de l’école. L’orientation précoce des élèves serait organisée notamment via le retour de l’apprentissage avant 16 ans et des évaluations nationales de la grande section à la 3e, numérisées et annuelles. Les trois voies des lycées seraient soumises à l’objectif d’insertion professionnelle. Le bac serait remis en cause, il ne garantirait plus le droit à l’université.

Ne laissons pas faire ! / En accroissant la territorialisation et l’autonomie, en produisant une école réduite au « lire-écrire-compter » pour les pauvres et en multipliant les processus de sélection, l’école d’Emmanuel Macron poursuit l’adaptation du service public d’éducation aux besoins du patronat.


PNG - 93 koL’élection d’Emmanuel Macron annonce une nouvelle accélération des politiques de régression sociale, de destruction des droits sociaux, des solidarités et des services publics, au bénéfice des classes possédantes. Son projet pour l’école est à la fois de poursuivre les politiques libérales en ce qui concerne les structures et d’opérer un tournant réactionnaire dans les contenus. Pas de répit, pas d’état de grâce ! Riposte sociale face à la casse totale !

 

Riposte sociale face à la casse totale !

Le projet du candidat du CAC-40 est sans ambiguïté. Il s’agit d’entreprendre une brusque accélération dans la mise en œuvre des politiques néolibérales de déréglementation qui ont été menées ces dernières décennies.

Il n’a pas caché sa volonté de poursuivre dans la voie d’une Union européenne austéritaire, de réduire le nombre des fonctionnaires (de 120 000) et les budgets publics, d’entériner les politiques du quinquennat Hollande, d’imposer des lois Travail bis et ter pour continuer à détruire le droit du travail, de développer la car-macronisation et l’ubérisation de la société – c’est-à-dire des services bas de gamme qui s’adressent aux plus pauvres tout en remettant en cause les contrats de ceux et celles qui travaillent.

Lire la suite : En marche arrière ? Riposte sociale !

Documents préparatoires à l’inspection - 1er degré

Des questionnaires chronophages et inutiles

Dans l’ensemble des départements, nous constatons que depuis plusieurs années les documents exigés par les inspecteurs et inspectrices de circonscription lors des inspections sont de plus en plus nombreux et variables d’un-e IEN à l’autre.
Un nombre croissant d’IEN exigent aussi, en amont de la visite inspection, la production d’un document préparatoire souvent sous la forme d’un questionnaire qui vise à une auto analyse des pratiques professionnelles de l’enseignant-e inspecté-e.

Formatage et pratiques managériales

Remplir 5, 6 ou 7 pages d’un questionnaire dans lequel les enseignant-e-s sont amené-e-s à faire leur autocritique, représente une charge de travail importante et demande un temps considérable qui outre le fait qu’elle ne sert en rien à améliorer les pratiques professionnelles des enseignant-e-s, permet surtout de faciliter le travail des IENS. Ces questionnaires participent au formatage des personnels et relèvent des pratiques managériales d’évaluation.

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 Leur école n’est pas la nôtre !

Ultralibérale un jour, super-dirigiste le lendemain, « laïcité » chevillée au corps le matin, débordant « d’héritage chrétien » le soir… le discours du FN, qui incarne les différentes sensibilités nationalistes, adopte depuis des années, sans vergogne et sans peur des contradictions, la stratégie du caméléon ou l’art populiste de dire fort ce que « l’autre » est susceptible de vouloir entendre. Et peu importe qu’on ait dit le contraire dans la phrase précédente.
L’éducation ne déroge pas à cet empilement d’incohérences, mais il est possible de dégager les grands axes d’un « projet éducatif » des extrêmes droites, aux antipodes de ce que devrait être l’école d’aujourd’hui !

Un projet éducatif périmé

Surfant sur de fausses évidences martelées par des polémistes peu scrupuleux d’exactitudes (Finkielkraut, Polony, Brighelli, etc.), ce projet « éducatif » se construit avant tout en regardant en arrière, en cherchant dans un passé tronqué et revisité des modèles d’éducation. Ainsi, l’école idéale serait celle d’hier… voire d’avant-hier. Le bon temps du « Certif », lorsque les jeunes en blouses savaient rester à leur place en alignant les lignes de copie suivant le modèle d’un enseignant tout aussi sergent major que les plumes utilisées pour écrire.

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Le 22 septembre dernier le collectif enseignant du Rassemblement Bleu Marine, lié au Front National, aidé du collectif étudiant Marianne membre du même rassemblement, a organisé sa « convention présidentielle de Marine Le Pen ». Cette dernière y était présente et a pu assister à ses travaux qui visaient à présenter une centaine de propositions du collectif Racine au titre de contribution au futur programme présidentiel de la leader frontiste dans le domaine de l’Ecole. L’objet de cet article est de présenter de manière critique le travail du collectif Racine et de poursuivre l’examen de l’évolution de la principale formation politique de l’extrême-droite européenne sur la question scolaire quelques mois avant l’échéance décisive des Présidentielles de 2017, ceci alors que depuis 2011 le vote pour le FN de Marine Le Pen est en constante progression au sein du monde enseignant même s’il reste très minoritaire.

Pour mener cette critique, nous nous appuierons sur le texte des 100 propositions mais aussi sur les discours prononcés lors de la Convention par Marine Le Pen, Floriant Philippot, Alain Avello (président du collectif Racine) et les autres animateurs du Collectif que l’on peut retrouver dans la lettre n°11 du Collectif publié fin septembre 2016. Cependant, nous pouvons d’ores et déjà présenter le cœur de cette critique : ayant rompu dans le discours avec une opposition systématique à l’école de la République défendue par le FN de Jean-Marie Le Pen, celui de sa fille reprend à son compte le discours « réac-publicain » (voir l’ouvrage de Grégory Chambat « L’école des réac-publicains », Libertalia, 2016), développant une « nostalgie républicaine » (François Dubet) appuyé sur une lecture imaginaire et fantasmé de l’histoire de l’Ecole en France depuis 1945. Mais cette nostalgie fantasmatique lui permet d’avoir enfin prise sur une profession en crise du fait des contradictions non résolues du processus de démocratisation de l’école de la République.

Les 100 propositions sont ordonnées selon quatre thématiques : les savoirs, la « sérénité », l’administration, la sélection.

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La réforme du collège est effective depuis la rentrée. Présentée par la ministre de l’éducation comme assurant d’avantage d’égalité, elle ne remplit pas cette mission : importantes disparités dans la mise en place et renforcement des inégalités, surcharge de travail pour les enseignant-e-s et dégradation des conditions d’apprentissage. Trois mois après sa mise en place, SUD éducation propose un premier bilan de cette réforme du collège et invite les personnels à remplir une enquête en vue d’un bilan plus approfondi.

Toujours moins de moyens

La réforme s’est d’abord traduite dans de nombreux établissements par une diminution de la DHG (Dotation Horaire Globale), ce qui provoque des pertes d’heures dans certaines disciplines, la disparition de nombreux projets et dispositifs et la perte d’heures dédoublées. Cela a de fait généré des pertes de postes, de BMP (Blocs de Moyens Provisoires) ou de postes de stagiaires.

À cela s’est ajouté un changement de programme pour tous les niveaux et toutes les disciplines en même temps, qui dans de nombreux établissements ne s’est pas traduit par l’achat de nouveaux manuels ou matériels pédagogiques adaptés, faute d’un budget suffisant.

Lire la suite : Réforme du collège : un premier bilan calamiteux. SUD éducation alerte et lance une enquête

Communiqué Solidaires

Le gouvernement et le parlement ont décidé de prolonger, une nouvelle fois, l’Etat d’urgence.
Décrété suite aux monstrueux attentats de 2015, l’essentiel des mesures gouvernementales n’apporte aucune réponse efficace. En revanche, ces mesures portent gravement atteinte aux libertés, à la séparation des pouvoirs, et introduit insidieusement un changement de régime politique avec une forme d’état d’urgence permanent, s’alignant ainsi sur la politique menée aux États Unis après le 11 septembre.
Présentées au début comme des mesures applicables aux seuls actes terroristes, les mesures prises se sont vite avérées avoir une implication plus large et provoquer des dérives sécuritaires inacceptables, sans rapport avec la lutte anti-terroriste, et donnant tout pouvoir au ministre de l’intérieur et aux préfets. Comment ne pas faire le lien aussi avec des mesures de répression démesurées à l’encontre de militants syndicaux à Air France ou à Goodyear, ou la violence dont ont été victimes des milliers de manifestant-es contre la loi « travail » ? La logique répressive ouvre des portes sans fin.

Lire la suite : Non à l’état d’urgence permanent

Un casier scolaire patronal, une standardisation des pratiques, une surcharge de travail

À la suite des changements de programmes pour l’école primaire et le collège et dans le cadre d’une pseudo réforme de « l’évaluation » pour les élèves, le ministère a décidé d’imposer, en remplacement du Livret Personnel de Compétences, un Livret Scolaire Universel Numérique (LSUN) pour les cycles 2, 3 et 4. Sa mise en œuvre doit se faire dès l’année scolaire 2016/2017.

Simplification des outils d’évaluation ?

Ce LSUN est censé répondre, d’après le ministère, à la nécessité de simplifier les outils de suivi des élèves en les uniformisant sur l’ensemble du territoire pour les rendre plus lisibles et accessibles aux familles, qui pourraient ainsi enfin comprendre ce que font leurs enfants à l’école et ce sur quoi ils sont évalués.

Il regroupe deux éléments distincts qui sont néanmoins indissociables : le Livret Personnel de Compétences (les bulletins de fin de cycle) et les bulletins scolaires périodiques (trimestriels ou bi trimestriels). Le LPC regroupe un peu plus d’une quarantaine d’items regroupés en 7 ou 8 domaines. Les bulletins scolaires périodiques regroupent les différentes compétences et « sous-compétences » travaillées correspondant aux différents domaines répertoriés dans les programmes officiels. Compte tenu de la complexité du LSUN et du nombre d’items à évaluer qu’il contient, pour la lisibilité et la simplification pour les familles, on repassera.

Lire la suite : Contre le livret scolaire numérique

Un combat de SUD éducation depuis 2008

Les Activités Pédagogiques Complémentaires (APC) instaurées par la réforme Peillon des rythmes scolaires sont les héritières directes du dispositif d’Aide Personnalisée (AP). L’AP avait été mise en place lors de la précédente réforme des rythmes scolaires initiée par Darcos en 2008. En supprimant le samedi matin et deux heures d’enseignement hebdomadaire pour les élèves, Darcos ne voulait pas faire cadeau de ces heures aux enseignant-e-s. Il a introduit dans les obligations de service des PE 60 heures annualisées pour un dispositif d’aide personnalisée que nous avons immédiatement combattu. Un mouvement de « résistance pédagogique » s’est développé en 2008, notamment à travers des actions de désobéissance qui consistaient entre autres à ne pas faire l’AP et à résister au démantèlement des RASED. SUD éducation n’a pas tergiversé et a apporté nationalement et sur tout le territoire son soutien à cette résistance, en agissant pour sa généralisation et en soutenant les enseignant-e-s. Nous n’avons pas attendu l’automne 2016 pour agir.

Lire la suite : Boycottons les APC !

Le retour des réacs !

Cette rentrée a été l’occasion pour les militant-e-s d’extrême droite du milieu traditionaliste de Vigi gender de s’attaquer une fois encore à l’école et à la lutte contre les discriminations sexistes.

20 000 brochures ont été envoyées dans les établissements scolaires en France.
Ces fascicules « Le genre en images » ont pour objectif de discréditer les enseignant-e-s et les associations (comme le Planning Familial) qui œuvrent pour l’éducation à l’égalité dans le cadre des programmes de l’éducation nationale.

Face aux intox grossières véhiculées dans cette publication, SUD éducation rappelle que l’égalité filles/garçons, la lutte contre les stéréotypes de genre et les discriminations doivent être des enjeux majeurs dans les écoles et les établissements scolaires de la maternelle à l’université.*

Au regard des enjeux essentiels que recouvre la lutte contre le sexisme et les LGBTphobies en milieu scolaire, nous demandons que le plan d’action pour l’égalité filles/garçons à l’école dispose de réels moyens de formations et d’actions pour lutter contre les discriminations sexistes.

Face aux offensives des réactionnaires contre l’école, SUD éducation appelle les équipes éducatives à la vigilance.

Lire la suite : L’égalité filles/garçons à l’école

Une année à venir très difficile pour les élèves et les personnels

Une rentrée sous haute tension !

La note de service d’octobre 2015 de la DRH du ministère a entraîné la suppression en cette rentrée de 63 postes de professeur-e-s des écoles éducateurs/trices. Ils/elles ont été remplacé-e-s par des assistant-e-s d’éducation pour assurer les nuitées, mais aussi des soirées, des repas...

Pourtant, les PE éducateurs/trices s’étaient fortement mobilisé-e-s dans toute la France pendant plusieurs mois pour protester contre ces mesures et alerter sur les dangers largement prévisibles qu’elles allaient engendrer. Le ministère a refusé de les entendre et d’abroger cette note de service.

Lire la suite : Rentrée dans les EREA : Suppressions de postes et précarité

Le 31 mai 2016, Najat Valaud Belkacem déclarait : « Je souhaite passer d’une gestion administrative à une gestion des ressources humaines ».

C’est à l’occasion des annonces sur les « augmentations de salaires » dont les visées électoralistes n’ont trompé personne [1] que le ministère a dévoilé les principes d’une modification en profondeur de l’évaluation des enseignant‑e-s. Plusieurs réunions avec les organisations syndicales qui siègent au Comité technique ministériel de l’éducation nationale se sont tenues à la fin juin et en juillet, d’autres sont prévues les 15 et 16 septembre.

SUD éducation se bat pour la suppression du système actuel d’évaluation basé sur l’inspection-notation, qui est par ailleurs totalement décrédibilisé aux yeux des collègues. Mais celui que projette le ministère pour le remplacer, basé sur l’instrumentalisation managériale de l’autoévaluation et l’entretien professionnel, est encore pire.

Au lieu de donner à la profession plus de liberté pédagogique et d’autonomie, le projet révélé le 23 août promet une soumission à la hiérarchie encore plus grande.

Lire la suite : Projet de réforme de l’évaluation des enseignant-e-s

L’intersyndicale CGT, FO, FSU, Solidaires, Fidl, Unef, UNL s’est quittée en juillet sur la décision d’appeler à une nouvelle journée le 15 septembre. Des actions ont eu lieu dans plusieurs villes pendant l’été.

Pour Solidaires le 15 doit donner, dans la rue, le signe de la relance de la mobilisation commune contre la loi travail et contre toutes les menaces qui continuent de peser sur ceux et celles qui travaillent ou sont sans emploi.

Gattaz a déclaré ce jour en parlant de l’action du gouvernement " Le pacte de responsabilité, le début de l’inversion de la hiérarchie des normes avec le primat donné à la négociation d’entreprise, la volonté de simplification... tout cela est allé dans le bon sens. » et n’entend pas en rester là. Que ce soit sur la pénibilité, la fiscalité des entreprises ou l’assurance chômage, le patronat ne lâche rien !

L’Union syndicale Solidaires appelle donc à mobiliser largement en grève et dans la rue. Elle sera présente dans les réunions intersyndicales locales et nationale et y fera des propositions pour continuer la mobilisation contre la loi travail et son monde, en articulant les batailles juridiques et la mobilisation unitaire ainsi que les
revendications sectorielles qui sont nombreuses en cette rentrée (SFR, social et médico-social, éducation…).

Elle souhaite aussi, comme l’a déjà discuté l’intersyndicale nationale, placer la lutte contre la loi travail au côté de celle de nos camarades belges qui seront en grève le 7 octobre contre leur loi Peeters.

L’Union syndicale Solidaires mobilisera contre la répression anti-syndicale et anti-sociale qui s’est déchaînée ces derniers mois en étant présente en particulier lors du procès en appel de Laura Pfeiffer, inspectrice du travail, à Chambéry le 14 septembre et lors du procès des réprimés-licenciés d’Air France à Bobigny les 27 et 28 septembre.

Pour faire respecter nos droits, individuels et collectifs, pour en conquérir de nouveaux, pour faire vivre les principes de solidarité et de justice sociale et mener les luttes indispensables face aux pouvoirs, à l’arbitraire et aux pressions hiérarchiques, il existe un outil : le syndicat tel que nous essayons de le construire.

Un contre-pouvoir indépendant - Pour une autre école de la maternelle à l’université - Pour une autre société

Pour un service public égalitaire, contre l’école libérale
« L’autonomie » (des universités, des lycées, et maintenant des collèges) généralise la concurrence et augmente les inégalités, tout comme la réforme des rythmes scolaires. Contre l’école du tri social, nous voulons une scolarité polytechnique unique pour toutes et tous jusqu’à 18 ans. Contre l’adaptation de l’école aux exigences du patronat, nous revendiquons un service public gratuit, laïque, égalitaire et émancipateur avec les moyens nécessaires pour garantir partout l’égalité du droit à l’éducation.

Cela suppose d’abord un tout autre budget et la réduction des effectifs par classe

Lire la suite : Face aux attaques renforçons le syndicalisme de lutte : adhérez à SUD éducation !

Communiqué de l’intersyndicale du second degré

Tous en grève le 8 septembre

La rentrée 2016 devrait voir mise en œuvre la réforme du collège imposée par le gouvernement alors même qu’elle est toujours contestée par la majorité des personnels du second degré. Ces derniers qui ont manifesté tout au long de l’année dernière leur opposition et leur volonté d’une reprise des discussions pour une autre réforme n’ont pas désarmé. L’autoritarisme , le mépris manifestés par la ministre de l’Éducation qui a négligé de répondre aux demandes d’audience de l’intersyndicale du second degré, la désorganisation causée dans les collèges par la réforme n’ont fait que renforcer la détermination à combattre cette dernière.

L’intersyndicale a appelé les collègues à ne pas mettre en œuvre des dispositifs imposés et qu’ils jugent inefficaces ; elle demande à l’ensemble des personnels du second degré de recenser et faire remonter dans le cadre des assemblées générales de pré rentrée tous les problèmes d’une rentrée qui s’annonce très difficile :collège, lourdeur des effectifs en lycée, insuffisance des moyens affectés à la vie scolaire, emplois du temps …La poursuite des mobilisations conduites durant l’année précédente doit déboucher sur l’abrogation de la réforme et l’ouverture rapide de discussions sur d’autres bases. A l’approche d’échéances électorales importantes le gouvernement doit enfin entendre les personnels Après les congés d’été, c’est avec combativité que les personnels entament ce début d’année scolaire décidés à agir pour leurs métiers et leurs élèves, lutter contre les inégalités et le maintien de garanties collectives mises à mal dans la loi travail comme dans l’Éducation

C’est pourquoi l’’intersyndicale du second degré appelle les personnels à se mettre en grève et rejoindre les manifestations le 8 septembre pour une autre réforme du collège et de meilleures conditions de travail et d’étude en collège comme en lycée.
Elle les invite à s’associer aux initiatives prises par l’intersyndicale interprofessionnelle CGT, FO, FSU, Solidaires, UNEF, UNL, FIDL, le 15 septembre pour obtenir l’abrogation de la loi Travail imposée par l’utilisation du 49-3 et conquérir de nouvelles garanties et protections collectives.